brick a bank, London

BANNERAMA : video series/série de vidéos

Take a spin across the planet with « MTL » protest banner series. ——— Faites le tour de la planète à travers les bannières contestataires de la série « MTL ».

With this project, you bring a new « legend » to our understanding of our geographic location and how we are directly connected to other places by the social struggles we share. To see the territory through banners representing significant social struggles… it’s pertinent and brilliant. Bravo!

Avec ce projet, tu amènes une nouvelle « légende » à notre compréhension de notre lieu géographique et comment nous sommes directement liés à d’autres lieux par les luttes sociales que nous partageons. Voir le territoire à travers des bannières de grandes luttes sociales… c’est pertinent et brillant. Bravo!

—— Jas Jacques.

Take a spin across the planet with each protest banner from the « MTL » banner series. One short video for each banner documents actual and imagined exhibit in the streets around the world. It’s a sort of docu-fiction travel series. You’ll come across resistance to international borders, and flaming faggots who resist fascism. One banner claims solidarity against occupation, while another picks a side against banking robber barons. Bannerama is a virtual protest based on a real sense of revolt, unable to remain mute. Silence is not neutral… It always takes the side of the oppressor.

Voyagez partout dans le monde à travers les dix premières bannières de la série « MTL ». Chaque vidéo documente les usages réels et imaginés de chacune des bannières dans différents endroits sur la planète. Ce sont des docu-fictions de voyages militants. Soyez témoins de l’opposition aux frontières internationales et défilez avec des tapettes en feu contre le fascisme. Exprimez votre solidarité contre l’occupation et protestez contre le vol organisé des banquiers. Bannerama est une manifestation virtuelle nourrie par un vrai sentiment de révolte, qui ne peut rester muet parce que le silence n’est pas neutre… Il est toujours du côté de l’oppresseur.

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Bannerama 1 : RESISTIMOS

EN

The Resistimos banner began the « MTL » series. It was designed in Montréal, then painted and ‘dropped’ in Santiago de Chile. I went to Chile during the 2016 student strike, when university and high school campuses were “en toma“: occupied by students and their allies. The protest movement fought for a public, free and quality education, away from Chile’s neoliberal privatization. The banner was painted on a Thursday in Comuna Pedro Aguirre Cerda. It dried that evening from the facade of Galeria Metropolitana: organizers of the Resistance in Urban Areas performance tour during the Hemispheric Institute’s Encuentro conference. Resistimos was mounted as a performance the following evening at Centro Gabriela Mistral. On Saturday, I gave the banner to the occupants of the Universidad Tecnológica Metropolitana and ‘dropped’ it with them the following day from the campus library’s 3rd floor window where it remained for the rest of the occupation.

FR

La bannière « Resistimos » est la première de la série « MTL ». Elle a été conçue à Montréal, réalisée et ensuite levée à Santiago de Chile. Je suis allé au Chili pendant la grève étudiante de 2016 alors que les campus étaient « en toma » : occuppés par les étudiant.e.s et leur.e.s alliées. Le mouvement étudiant revendiquait une éducation publique, gratuite et de qualité, hors de l’emprise de la privatisation néolibérale du Chili. La bannière a été peinte un jeudi dans la Comuna Pedro Aguirre Cerda. Elle a sêché le même soir sur la façade de la Galeria Metropolitana, qui hébergeait les artistes du circuit performatif Résistance en milieu urbain » lors de la conférence Encuentro de l’Institut Hémisphérique. Une performance avec la bannière a été organisée le soir d’après au Centro Gabriela Mistral. Samedi, elle a été offerte aux occupant.e.s de l’ Universidad Tecnológica Metropolitana, avec qui je l’ai ‘levée’ le lendemain de la fenêtre du 3ième étage sur la façade de la bibliothèque où elle est restée jusqu’à la fin de l’occupation.

ES

El lienzo, Resistimos, comenzó la serie « MTL ». Fue diseñado en Montréal, luego pintado y « soltado » en Santiago de Chile. Fui a Chile durante el paro estudiantil de 2016, cuando los campus de las universidades y escuelas secundarias estaban en toma. El movimiento de protesta luchó por una educación pública, gratuita y de calidad, lejos de la privatización neoliberal chilena. El lienzo fue pintado un jueves en la Comuna Pedro Aguirre Cerda. Se secó esa misma noche en la fachada de la Galería Metropolitana, que acogía a los artistas del circuito performativo « Resistencia en Áreas Urbanas » durante la conferencia Encuentro del Instituto Hemisférico. La noche siguiente, Resistimos fue montada en el Centro Gabriela Mistral en una performance. El sábado, ofrecí el lienzo a los ocupantes de la Universidad Tecnológica Metropolitana y la « solté » con ellos al día siguiente desde la ventana del tercer piso de la biblioteca del campus, donde permaneció durante el resto de la ocupación.

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Bannerama 2 : TRUMP L’OEIL

EN

I made this banner in solidarity with the Women’s March on Washington that took place the day after the 2016 inauguration of Donald Trump as US President and used in at a sister march in Montréal. It was a spontaneous creation. « Trump L’oeil » is a play-on-words of the artistic technique trompe l’oeil, which can be translated from the French into English as « deceive the eye ». The banner is an expression of Trump’s deceptive nature, his alternate facts and blatant lies. FUCK TRUMP!

FR

Cette bannière a été créée en solidarité avec la Marche des femmes à Washington qui s’est déroulée le lendemain de l’inauguration de la présidence de Donald Trump. Je l’ai utilisée à Montréal le même jour lors de la manifestation jumelle dans ma ville. « Trump L’oeil » est un jeu de mots sur la technique artistique du trompe l’oeil. La bannière veut exposer la nature trompeuse de Trump, avec ses faits alternatifs et ses mensonges éhontés. FUCK TRUMP!

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Bannerama 3 : PERSONNE N’EST ILLÉGAL

EN

While visiting Marseille, France, I made a banner to support friends who assisted migrants. They provided food, emergency housing, bureaucratic assistance, setting up squats for unaccompanied minors and much more. Nobody is illegal for being where they are! Abolish borders and welcome mill migrants without distinction. Before leaving the city, I gave this banner to the « Collectif soutien migrant 13 — El Manba », which provides direct support to migrants in the region. After returning to Montréal, I made a larger version of the same design that has been used by Solidarity Across Borders and other migrant support groups.

FR

Lors d’une visite à Marseille, France, j’ai créé une bannière afin d’appuyer la démarche d’amies qui soutiennent les migrant.e.s. Avec leur collectif, elles fournissent de la nourriture, du logement d’urgence, de l’assistance bureaucratique, aident à l’ouverture de squats pour les jeunes non-accompagné.es, et plus encore. Parce que personne n’est illégal, quel que soit l’endroit où illes se trouvent. Abolissons les frontières et accueillons les migrant.e.s, peu importe leur provenance. Avant de quitter la ville, j’ai offert cette bannière au Collectif soutien migrant 13 — El Manba, qui offre du support aux migrant.es du département. Dès mon retour à Montréal, j’ai reproduit le même design en plus grand. Cette deuxième version est souvent empruntée par Solidarité Sans Frontières et d’autres groupes de solidarités.

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Bannerama 4 : TAPETTE EN FEU

EN

The expression, “flaming faggot”, implies a weak-wristed, soft and effeminate male… An unmanly man. While the figures on the banner may be these things, they are also strong and unapologetic opponents to fascists. They oppose any oppressor who wants to control what people can or cannot be. The banner takes an intersectional approach not only resisting homophobia, but also fighting against white supremacists. The banner implies that as white faggot, we also identify with others struggles and are in solidarity with others who fight against other forms of oppression. The Flaming Faggots Against Fascism banner is conceived to be easily carried within a demonstration with the help of a stick.

FR

Une “tapette” c’est un mâle efféminé, une moumoune… Un homme émasculé. Les personnages sur la bannière sont tout ça et plus encore puisqu’ils sont en feu et s’opposent au fascisme sans équivoque. Cette bannière adopte une posture intersectionnelle, en luttant à la fois contre l’homophobie et contre la violence des suprémacistes blancs, qui souvent se rencontrent. La bannière suggère qu’en tant que pédés ou tapettes Blancs, nous nous engageons aussi dans d’autres luttes et nous sommes en solidarité avec ceux et celles qui luttent contre d’autres formes d’oppression. La bannière est conçue pour être facilement portée pendant les manifestations à l’aide d’un bâton.

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Bannerama 5 : END ISRAELI APARTHEID

EN

I was inspired to make this banner in May 2018 after 59 Palestinians were killed by Israeli sniper fire during a massive protest against Israeli occupation and the announcement that the US will move its embassy from Tel Aviv to Jerusalem. The weekly protests are referred to as the “Great March of Return”. The struggle for Palestinian liberation against the total blockade of Gaza is embodied by a photo of Fadi Abu Saleh, who was one of the people killed during the May 14 day of protest. The criticism of the state of Israel is not anti-semitic. It is the denunciation of a system of colonialism that I consider one of the world’s more brutal. The county’s system of apartheid is backed by the country’s laws, enforced by its military and maintained by its government.

FR

Pour peindre cette bannière, j’ai été inspiré par la mort de 59 Palestiniens, tués par des tireurs d’élites israéliens lors une grande manifestation contre l’occupation israélienne en mai 2018, ainsi que par l’annonce du déménagement de l’ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv à Jérusalem. Cette grande manifestation hebdomadaire est appelée : la “Grande marche du retour”. La photo de Fadi Abu Saleh avec sa fronde incarne la lutte pour la libération de la Palestine et contre le blocus total de Gaza. Ce jeune homme est l’une des personnes assassinées lors de la manifestation du 14 mai 2018. La critique de l’État d’Israël n’est pas antisémite. C’est la dénonciation d’un système colonial que je considère parmi les plus brutaux. Le système d’apartheid du pays est soutenu par les lois du pays, appliqué par son armée et maintenu par son gouvernement.

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Bannerama 6 : LE DOIGT DE VOTE

EN

At Montréal’s Expozine Fair, I bought a patch illustrated by Mathieu Chartrand and silkscreened by La Coop Coup D’Griffe. The French language play on words was perfect and I just had to recreate it. Unfortunately it does not translate properly into English. The words: droit (right) and doigt (finger) plays off one’s right to vote with one’s finger to vote. I designed the imagery and prepared stencils and masking to paint the banner as a performative event at the Montreal Anarchist Bookfair. Passersby were encouraged to join in the painting the banner. The following year, it was exhibited at the Georges-Vanier Cultural Centre within the Art+Anarchy exhibit. This banner expresses well the response to politicians who say one thing to get elected but do the opposite once in government.

FR

Lors d’ @ExpozineMTL, j’ai acheté une patch illustré pas Mathieu Chartrand et sérigraphié par La Coop Coup D’Griffe. Le jeu de mot est sublime et je ne pouvais pas le reproduire sur une bannière. J’ai fait le design de l’imagerie, préparé des pochoirs et placé du ruban de masquage afin de pouvoir peindre la bannière au Salon du livre anarchiste en performance live. J’ai encouragé les passants à participer à l’œuvre. L’année suivante, la bannière a été exposée au Centre culturel Georges-Vanier dans le cadre de l’exposition Art+Anarchie. Cette bannière illustre l’idée que les politicien.ne.s disent une chose pour se faire élire et font le contraire lorsqu’ils sont au pouvoir.

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Bannerama 7 : GORILLA PARK – PARC DES GORILLES

EN

Imagine walking through your neighbourhood, like you do most days, to find a wooded area completely razed by developers and turned into a parking lot! The abandoned railway route and its fifty mature trees was such a place. Local residents created the Friends of Gorilla Park to pressure the municipal government to purchase the land and convert into a linear park. In 2017, the land was expropriated and plans began to return the area into a community conceived green space… Not “wild” like it once was, but a far cry from the sterile landscape reserved for cars. The banner celebrates the victory of the citizen group and its land reclamation.

FR

Imagine que tu te balades tranquillement dans ton quartier, comme tu le fais régulièrement. Et soudain tu découvres que le petit boisé bien aimé a été complètement rasé par des développeurs et transformé en stationnement! C’est ce qui s’est passé à Montréal près d’une voie ferrée abandonnée. Une cinquantaine d’arbres matures ont été décimés. Des résident.e.s du quartier ont créé Les ami.e.es du Parc des gorilles afin de faire pression sur la municipalité pour qu’elle achète le terrain et le convertisse en parc linéaire. En 2017, le terrain a été exproprié et des plans ont été faits afin de reconvertir la zone en un espace verte conçu par la communauté… Pas “sauvage” comme avant mais bien loin du paysage stérile réservé pour des voitures. Cette bannière est une célébration d’une réclamation collective victorieuse sur un territoire.

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Bannerama 8 : GOD’S LOVE TO GAY PEOPLE IS EVERY WHERE

EN

To understand current struggles for the rights of LGBTQ2S+ folks, it’s necessary to review their histories to better understand their futures. The God’s Love banner is a reproduction of a protest sign taken from a 1970’s photograph from Arquives, a queer archive in Toronto. I was invited by Jamie Ross to reproduce a protest sign from a selection of photographs, which he curated into the 69 Positions: Our Vanishing exhibit at Montréal Arts Interculturel (MAI). The locations I chose to virtually ‘drop’ the banner, have laws that criminalize homosexuality. Homos are beaten, imprisoned, sentenced to death or outed by family members or colleagues then murdered. Theocratic intolerance has always been an enemy of non-heteronormative relationships and sexuality. The banner’s use fifty years after the original protest sign it reproduced, is a reminder that we cannot sit on our laurels from the rights we long fought for and won. Changing governments change laws. The distant past is sometimes not so far behind the present and can become the future. We are not free until everyone is free.

FR

Pour comprendre les luttes contemporaines pour les droits des personnes LGBTQ2S+, il est important de revisiter leur histoire. Ça permet aussi de mieux penser le futur. La bannière God’s Love est la reproduction d’une pancarte prise en photographie lors d’une manifestation qui a eu lieu dans les années 70, conservée par Arquives, un centre d’archive basé à Toronto. J’ai été invité à reproduire une pancarte tirée d’une sélection de ces photos d’archive par Jamie Ross, le commissaire de l’exposition 69 Positions : Porter témoignage, (Montréal Arts Interculturel – MAI). J’ai décidé de dresser cette bannière dans des pays où l’homosexualité est criminalisée. Dans ces endroits, les LGBTQ@S+ s sont batu.e.s, emprisoné.e.s, condamné.e.s à mort ou dénoncé.e.s par des membre de la famille ou des collègues et ensuite assassiné.e.s. L’intolérence théocratique a toujours été l’ennemie des relations et de la sexualité non-hétéronormatives. L’utilisation de la bannière reproduite cinquante ans après la manifestation originale nous rappelle que nous ne pouvons pas nous assoir sur nos lauriers et nos droits. Les lois changent avec les nouveaux gouvernements. Le passé n’est parfois pas si lointain et peut devenir notre futur si on n’y prend pas garde. Personne n’est libre tant que nous ne sommes pas tous et toutes libres.

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Bannerama 9 : BRICK A BANK

EN

Four times each year, Canadian Banks proudly announce record profits, followed by dividend payouts to their shareholders and generous bonuses to their executives. They charge 24% credit card interest to the working poor and charge ever-increasing service fees wherever they can. Banks steal from the masses to fill their pockets and rob the youth of their future by investing massively in fossil fuels and tar sands development. The World Bank and the IMF are neocolonial tools for Western countries to lend money (with interest) to developing countries only if their governments privatize their public sectors (water distribution, healthcare, education, etc.). These robber barons don’t perceive you as a client but as a never ending source of profit. Our deposits/debts/mortgages belong to them and they’ll take from us as much as they can. Next time you see a brick lying on the ground, imagine throwing it through the window of the bank that is holding you by the throat.

FR

Quatre fois par année, les banques canadiennes annoncent des profits records avec fierté, suivis par des paiements de dividendes aux actionnaires et des primes généreuses aux dirigeants. Elles chargent 24% d’intérêts sur leurs cartes de crédit des travailleurs pauvres et encore plus de frais de service partout où elles peuvent. Les banques remplissent leurs poches et volent le futur des jeunes en investissant massivement dans le pétrole et le développement des sables bitumineux. La Banque mondiale et le FMI sont des outils néocoloniaux des pays occidentaux pour prêter des fonds (avec intérêts) aux pays en voie de développement seulement s’ils privatisent leurs secteurs publics (distribution d’eau, santé, éducation, etc). Ces barons voleurs ne nous perçoivent pas comme des clients, mais plutôt comme une source sans fin de profits. Nos dépôts/dettes/hypothèques leur appartiennent et ils nous prendront autant qu’ils peuvent. La prochaine fois que tu vois une brique par terre, imagine-toi la lancer à travers une fenêtre de la banque qui te tient par la gorge.

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I acknowledge the support of the Canada Council for the Arts. / Je remerci le Conseil des arts du Canada de son soutien.

Canada Council for the Arts